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« Pour moi, c’est le Goya vivant, ce qu’il fait est incroyable […]. Chez lui, il y a des prix partout, je ne savais même pas qu’on pouvait en avoir autant. Il a tout pour être énervant, mais on l’adore tous. » Ce génie adorable ainsi introduit par Plantu, c’est le caricaturiste de presse Ángel Boligán, de passage en France à l’occasion de la première exposition parisienne qui lui est consacrée.

De gauche à droite : Laure Simoes (directrice éditoriale de Cartooning for peace), Ángel Boligán, Paula Forteza (fondatrice de la galerie Artivistas), Plantu - Vernissage du 14 septembre 2023.

De gauche à droite : Laure Simoes (directrice éditoriale de Cartooning for peace), Ángel Boligán, Paula Forteza (fondatrice de la galerie Artivistas), Plantu - Vernissage du 14 septembre 2023.

Comme un présage, Ángel Boligán naît dans le village de San Antonio de los Baños, autoproclamé « capitale cubaine de l’humour » – où un musée de l’humour voit effectivement le jour dans les années 70.

Diplôme de l’École des Beaux-Arts de la Havane en poche, il devient caricaturiste alors que la presse est aux mains de l’État ; il développe dès lors un humour conceptuel, évacuant le texte au profit de la métaphore graphique et du sous-entendu poétique.

À l’âge de 26 ans il quitte Cuba pour le Mexique, où la liberté de l’information s’avère aussi menacée mais moins corsetée. Il y réside aujourd’hui et en a acquis la nationalité.

L’artiste collabore avec de nombreux titres de presse sur le continent latino-américain, comme El Universal ou La Nacion. En France, on peut retrouver ses dessins dans les pages du Courrier International.

Avec l’exposition “La résistance des symptômes”, que lui consacre la galerie Artivistas en collaboration avec le réseau Cartooning for peace, il souhaite montrer que des maux internationalement répandus perdurent malgré les dénonciations, qu’ils soient liés au consumérisme, aux migrations forcées, aux nouvelles technologies ou au dérèglement climatique. Son dessin exigeant, ouvert à l’interprétation, nécessite une observation fine et attentive ; il révèle une réalité sombre, souvent sous un trait cru.

Un geste vaut mieux qu’un long discours, c’est évidemment une caricature que Boligán sort de la grande enveloppe qu’il garde près de lui depuis le début de la soirée : un dessin plein de tendresse représentant son ami et collègue Plantu, s’injectant en guise de vaccin salvateur l’encre d’une plume.

Angel Boligan, ​La desinformación

Ángel Boligán, La desinformación (la désinformation), encre et aquarelle sur papier cartonné.

Angel Boligan, Nuestro Mdio Ambiente

Ángel Boligán, Asesino verde (le tueur vert), encre et aquarelle sur papier cartonné.

Angel Boligan, Prejuicios

Ángel Boligán, affiche Prejuicios (les préjugés).

Galerie Artivistas, 35 rue Blanche, Paris 9.
Horaires d’ouverture : du mardi au samedi de 10h à 19h, et le dimanche de 11h à 15h.
Exposition-vente “La résistance des symptômes”, jusqu’au 15 octobre 2023.