À quoi ressemblait le 9ème en 1970 ? Des Citroën DS, 404 Peugeot, R4 et autres Coccinelles saturaient le paysage. Une rue des Martyrs vivante et populaire. Des marchandes de fleurs et de légumes encore présentes mais plus pour longtemps. Des murs couverts d'affiches colorées, certains en démolition, en attente de reconstruction. Car la capitale, en chantier, a déjà un pied dans la modernité. C'est ce Paris qui nous est donné à voir sous l'œil de photographes amateurs qui répondirent au grand concours Photos organisé par la Fnac en 1970.
Si le grand bazar a disparu, les primeurs résistent. Rue des Martyrs. Fond BHVP.
Au 1 de la rue des Martyrs, on aperçoit la devanture du droguiste, toujours présent en 2026. Fond BHVP.
L'autobus à plateforme 67 qui remonte la rue, vit là ses dernières heures. Il sera mis au rebut en 1971. Fond BHVP.
La librairie-papeterie a disparu. Les commerces de bouche ont résisté : boucherie, fromager, boulangerie... Fond BHVP.
Une rue des Martyrs vivante et populaire
Cette première série se concentre sur le quartier Martyrs/Lorette, quartier encore populaire où les dames font leur marché, sac à commission sous le bras tandis que la jeunesse ose le patte d’eph et la mini-jupe.
Les charrettes à légumes et à fleurs faisaient encore partie du quotidien de la rue des Martyrs, l’autobus 67 à plateforme vivait sa dernière année avant sa mise au rebut en 1971.
Certaines photos sont mal cadrées, d’autres floues. Leur fraîcheur, leurs imperfections, les sujets proposés, donnent à voir un quartier à la fois familier et en même temps disparu.
Un grand concours photo ouvert aux amateurs
Mai 1970, une armée de photographes amateurs a répondu à l’appel de la Fnac qui organise un grand concours photos « C’était Paris en 1970 » dont le but est de constituer des archives aussi complètes que possible d’une ville en pleine mutation, entre grands chantiers, construction et restructuration. Un Paris saturé de voitures, d’affiches et de graffitis sur les murs, de façades noircies en attente de ravalement, de terrains vagues et de cités nouvelles.
Les organisateurs établissent un plan quadrillé, divisant la ville en autant de petits carrés de 250 mètres de côté. Chacun des 2 800 candidats reçus après remise d’un dossier, se voit attribuer un carré de quelques rues qu’il est chargé de documenter. Une sorte d’état des lieux sensible dans lequel chacun va donner une vision libre de sa ville. Si les grands monuments ne sont pas oubliés, c’est surtout le quotidien des rues qui est imprimé sur les films.
Juliette Gréco enregistre même un disque pour la promotion du concours.
🎶 On l’écoute.
Plus de 100 000 photographies sont collectées dont 30 000 diapositives en couleurs et 70 000 tirages noir et blanc, versés au fond de la Bibliothèque historique de la Ville de Pais. En 2024, une fois restauré et numérisé, l’intégralité du fond est mis en ligne et accessible sur le site de la bibliothèque spécialisée.
Rue Saint-Georges. On joue "Tchao ! Tchao !" au Théâtre Saint-Georges. Le marchand de tapis sur la place fut remplacé par un magasin de brocante. Depuis les années 2000, c'est une agence immobilière qui a pris ses quartiers. Fond BHVP.
Pour un accès facilité aux archives versées au fond de la BHVP, on vous conseille de vous plonger dans le site de https://paris1970.jeantho.eu/index.html proposé par un particulier. Lequel a développé une interface reprenant le quadrillage établi par les organisateurs du concours. On navigue ainsi aisément entre les différents quartiers parisiens.
Attention : hautement addictif !
Frédérique Chapuis
« C’était Paris en 1970 »
Du 1er juin au 7 octobre 2026, la bibliothèque historique de la Ville de Paris met à l’honneur ce fonds pléthorique, instructif et émouvant, à la fois nostalgique des années 1960 et annonciateur de la modernité des Seventies.
Bibliothèque historique de la Ville de Paris.
24 rue Pavée, Paris 4e.
Entrée libre et gratuite.
