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Poursuite de notre série avec un nouveau récit visuel de l’arrondissement, aux saveurs 70'. Cette fois, on s'intéresse aux clichés couleurs réalisés à l'époque par Aubanelle Chaguelonne. Répertoriée sous le matricule 14455, elle fait partie des 2 800 candidats retenus parmi les 15 000 amateurs inscrits au grand concours Photos Fnac « C’était Paris en 1970 ».

Enfant en blouse rouge rue Condorcet en mai 1970

Rue Condorcet. Vision anachronique d'un marchand de pneus. Fond BHVP. Aubanelle Chaguelonne.

Devantures de magasins dans la rue des Martyrs en 1970

Une rue des Martyrs commerçante et populaire. Fond BHVP. Aubanelle Chaguelonne.

années 70, jeunes femmes remontant la rue Rodier, l'une d'elle avec un landeau.

En mai 1970, un nouveau bâtiment de la Poste sort de terre. Angle Rue Rodier/Tour des Dames. Fond BHVP. Aubanelle Chaguelonne.

Avenue Trudaine année 70

Avenue Trudaine en 1970. Le terre-plein n'existe pas encore. Fond BHVP. Aubanelle Chaguelonne.

Un Paris au seuil de la modernité

On imagine Aubanelle Chaguelonne, appareil argentique en bandoulière arpentant le haut 9ème par une belle journée de mai 1970. Son oeil, ses choix de cadrage et de sujets la distinguent. Elle explore son territoire, ouverte aux imprévus. Sa centaine de photos retenues, fait partie des 30 000 réceptionnées, numérisées puis mises en ligne sur le site de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris.
Chaque photographe amateur qui répondait il y a plus de cinquante ans à l’appel de la Fnac se voyait confier un secteur, selon un découpage de la capitale en 1755 carrés élaboré par les organisateurs, qu’il se devait de documenter de manière la plus complète possible.
Un fond précieux, accessible à tous sur internet qui donne à voir une ville en plein chamboulement, entre Vieux Paris et modernité, tout juste secouée par Mai 68.
Mais revenons à notre Aubanelle qui a visiblement pris son rôle au sérieux.
Sa balade démarre par le haut de la rue des Martyrs, une rue qui attire les regards par sa vitalité commerçante, ses devantures colorées et ses marchandes de fleurs postées aux intersections.
La photographe se faufile dans les cours d’immeuble, traque les instants de vie et les détails architecturaux. Dans son viseur, adultes et enfants de tous âges comme cette fillette rue Condorcet, la couleur de sa blouse répondant au rouge de l’Austine toute proche et à l’enseigne du marchand de pneus, petit commerce anachronique.

Elle saisit deux garçons en culottes courtes et chaussettes aux genoux, l’un posant timidement, devant la cité Malesherbes et qui semblent mener leur vie tout comme ces deux fillettes, remontant la rue Milton, poupées bien installées dans les poussettes, sans parents aux alentours.

À l’angle des rues Rodier et de La Tour d’Auvergne, c’est un nouveau bâtiment de La Poste, d’une blancheur immaculée, qui est en train de sortir de terre, ouvrage signé André Chatelin, architecte en chef des PTT. La photographe immortalise le chantier sous différents angles : tas de gravats, ouvriers au travail, palissade couvertes d’affiches multicolores.

Rue Milton dans les années 70

Au 42 rue Milton, se dresse aujourd'hui un immeuble d'habitation moderne avec en rez-de-chaussée, l'association "Tout autre chose". Fond BHVP. Aubanelle Chaguelonne.

Dans la rue, on promène encore les bébés en landau. Ceux qui n’ont pas de voiture circulent en vélo ou en mobylette, un engin que l’on laisse sur les trottoirs, le temps d’une course. Et combien de Deudeuches et de Dyanes, reines du paysage urbain, garées sur les bas-côtés ?
Dans le 9ème, les immeubles ont peu changé, on les reconnait à leurs entrées, moulures et autres balcons filants en façade. Les grands aménagements et constructions ont lieu au sein de l’arrondissement, plus au sud.

Pour un accès facilité aux archives versées au fond de la BHVP, on vous conseille de vous plonger dans le site de https://paris1970.jeantho.eu/index.html proposé par un particulier. Lequel a développé une interface reprenant le quadrillage établi par les organisateurs du concours. On navigue ainsi aisément entre les différents quartiers parisiens.

Frédérique Chapuis

Une femme sous un parapluie en train de prendre une photo

« C’était Paris en 1970 »

Du 1er juin au 7 octobre 2026, la bibliothèque historique de la Ville de Paris  met à l’honneur ce fonds pléthorique, instructif et émouvant, à la fois nostalgique des années 1960 et annonciateur de la modernité des Seventies.
Bibliothèque historique de la Ville de Paris.
24 rue Pavée, Paris 4e.
Entrée libre et gratuite.