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À l’occasion de la pose d’une plaque en hommage à Maurice Ravel (1875 - 1937) au 40 rue des Martyrs (IXe), deux ou trois choses sur le compositeur du célèbre Boléro.

Après avoir vécu quelques mois à Ciboure, au Pays basque, le petit Maurice emménage avec ses parents rue des Martyrs dans le 9e. L’enfant connait avec sa famille cinq adresses différentes dans l’arrondissement dont la rue Pigalle et la rue de Douai.

Admis en 1889 au conservatoire de musique de Paris, situé rue Bergère, afin d’y étudier le piano et l’harmonie, et bien que ses professeurs reconnaissent son talent, il ne remporte aucun prix et abandonne son cursus. Il va réintégrer l’institution dans la classe de Gabriel Fauré. Mais une fois encore, repart bredouille. L’élève, davantage inspiré par la poésie, lit Mallarmé, Baudelaire, Poe.

Par l’intermédiaire de son père, il rencontre Erik Satie au Café de la Nouvelle Athènes, place Pigalle, qu’il va fréquenter.

Il est membre de la société des Apaches, un cercle artistique formé peu après 1900, où l’on retrouve Léon-Paul Fargue et plusieurs compositeurs, symboles de l’effervescence intellectuelle parisienne de l’époque.

Le 27 mai 1899, il donne sa première audition publique. Son Ouverture de Shéhérazade essuie quelques sifflets. En 1907, sa création Histoires Naturelles sur des poèmes de Jules Renard est chahutée. Les critiques dénoncent une musique pour café-concert. Ce sera ensuite au tour des Valses nobles et sentimentales d’être présentées sous les huées.

Recalé au Prix de Rome

Recalé quatre fois au prestigieux Prix de Rome, le jury considère son style trop novateur et refuse même sa candidature en 1905, ce qui met en colère ses nombreux soutiens et déclenche une polémique dans la presse. Le directeur du Matin prend fait et cause pour le compositeur incompris, un scandale qui accroît un peu plus la notoriété du jeune Ravel.
Bien plus tard, en 1920, cet esprit indépendant et indifférent aux institutions refusera la Légion d’Honneur.

Portrait de Maurice Ravel, cigarette à la main

Maurice Ravel 1910 - Gallica BNF.

Frêle et petit, Maurice Ravel est exempté de service militaire, refusé pour être « trop léger de deux kilos » mais quand éclate la guerre, il réussit à se faire incorporer en tant que conducteur de camion, qu’il surnomme Adélaïde, près de Verdun à l’automne 1916.

Atteint vraisemblablement de dysenterie suivie d’une péritonite, il est opéré puis démobilisé et rentre à Paris. Début 1917, très affecté par la mort de sa mère qui le laissera inconsolé, il reprend la composition et écrit Le Tombeau de Couperin, suite pour piano dont chaque pièce est dédiée à l’un de ses camarades tombé au front.

Portrait de Maurice Ravel au piano par Achille Ouvré.

Le compositeur au piano par le peintre Achille Ouvré.

Portrait de Maurice Ravel par Henri Charles Manguin

Maurice Ravel peint par Henri Charles Manguin.

S’il a de très bonnes amies, comme la violoniste Hélène Jourdan-Morhange ou la danseuse Ida Rubinstein pour qui il compose le Boléro en 1928, on ne lui connaît aucune relation amoureuse. Son Boléro, une musique de ballet aux influences andalouses, l’une des œuvres classiques les plus jouées au monde, est tombé dans le domaine public en 2016, 88 ans après sa première interprétation à l’Opéra Garnier.

Sur un thème entêtant, Ravel imagine un long crescendo instrumental en ut majeur, les seuls éléments de variation sont des effets d’orchestration. L’histoire dit qu’à sa création, une femme crie « Au fou ! » et Ravel de confier à son frère  : « En voilà une, qui au moins, a compris. »

Il vieillit dans la solitude et au calme du Belvédère, sa maison de Montfort-L’Amaury, devenue un musée.

À partir de 1933, sa santé se détériore, les premiers symptômes d’une maladie neurologique l’empêchent d’écrire. En 1937, opéré du cerveau, il sombre dans un coma dont il ne se réveillera pas. Il s’éteint à l’âge de 62 ans, le 28 décembre 1937.

 

🎥 Sortie au cinéma le 6 mars du film « Boléro » d’Anne Fontaine, un biopic consacré à Maurel Ravel, joué par Raphaël Personnaz. Le film est tourné en partie dans le 9e et dans la maison-musée du compositeur.

Frédérique Chapuis

Les adresses successives de Maurice Ravel dans le 9e arrondissement

40, rue des Martyrs (1875 – 1880)
29, rue de Laval (aujourd’hui rue Victor Massé) (1880 – 1886)
73, rue Pigalle (1886 – 1896)
7, rue Fromentin (1898 – fin 1900)
40 bis, rue de Douai (de janvier à l’été 1901)
21, rue d’Athènes, à l’hôtel qui était son pied-à-terre parisien suite à son installation définitive à Montfort-l’Amaury.
Il y séjourna régulièrement de 1921 à 1932.