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Cristian Laime peint la chola bolivienne dans une interprétation toute personnelle et actuelle. Point d'étoffes traditionnelles pour l'habiller, mais des robes chatoyantes... en matière plastique. Des grands formats puissants qui invitent à la réflexion.

Lorsqu’un journaliste bolivien* lui demande pourquoi il représente sa mère, Doña Amalia, dans sa peinture, Cristian Laime répond simplement « c’est le désir de tout enfant que sa mère soit éternelle. »

Bien sur, les choses ne sont pas si simples et d’autres éléments, d’autres symboles, d’autres questionnements viennent s’inviter dans ses grands formats, saturés de couleurs comme celles des jupes des cholas boliviennes, ces femmes aux tenues vestimentaires, dont l’incontournable bombin de feutre noir, caractéristiques de la tradition indigène Aymara.

Akapacha, 2023, peinture de Cristian Laime, représentant une femme, sa mère habillée d'une robe, faite de plastique coloré

©Cristian Laime - Akapacha (2023), huile sur toile, 100 x 120 cm. Détail.

L'artiste peintre Cristian Laime pose en tenue traditionnelle bolivienne devant deux de ses tableaux

Cristian Laime au vernissage de son exposition à la galerie Artivistas, pose fièrement vêtu de l'aguyao traditionnel bolivien.

Wila-Pachamama (2021), une huile sur toile de Cristan Laime representant une femme bolivienne avec chapeau prise dans un océan de tissu plastique rouge

© Cristian Laime - Wila-Pachamama (2021) huile sur toile, 100 x100 cm.

Le titre de l’exposition « Anthropocène », visible à la galerie Artivistas, donne quelques clefs de lecture. Cristian Laime, né en 1988, aborde, à partir d’une technique académique, la peinture à l’huile, des sujets contemporains. Ainsi, à coups de pinceau hyperréaliste, il représente la matière plastique comme l’on peignait les étoffes européennes au 17e siècle. Ses personnages féminins se retrouvent parées de nylon chatoyant qui les magnifie et en même temps les étouffe, tiraillées entre les promesses du progrès et leur héritage culturel.

Sur fond de ciel menaçant, ornées de bijoux, le visage calme, les yeux clos, ces femmes restent dignes alors que la tempête menace. Éternelles survivantes, bouclier contre la démesure, le salut viendra-t-il de leur sagesse ?

Habitant La Paz, ville entourée de hautes montagnes, Cristian Laime constate, année après année, les ravages du réchauffement climatique sur les neiges éternelles.

L’un des grands représentants de l’art contemporain bolivien, propose une critique puissante de la société de consommation et de ses méfaits sur la nature et les cultures traditionnelles andines.

* Interview de Cristian Laime dans la revue Correo del Alba

Frédérique Chapuis.

Hija de la Luna (2023), une oeuvre du peintre Cristian Laime représentant une femme bolivienne dans une robe de plastique verte dont les pans tombent sur une ruine de pierre.

©Cristian Laime - Hija de la Luna (2023) - Huile sur toile - 165 x 210 cm.

Galerie Artivistas, 35 rue Blanche, Paris 9.
Horaires d’ouverture : du mardi au samedi de 10h à 19h.
dimanche, de 11h à 18h.