De bons classiques de la cuisine française, voila la proposition d'Axel qui derrière les fourneaux et en salle envoie des assiettes sans chichi qui savent causer au ventre. Chez Pouët Pouët, on mange bien jusqu'à tard le soir.
Nouveau lieu de bombance situé rue Victor Massé, Pouët Pouët a ouvert en juin. Aux manettes, Axel Marciniak qui officie aux fourneaux et en salle. L’endroit d’une vingtaine de places aux accents Art déco offre une particularité bienvenue dans le quartier : ses horaires tardifs. On peut se taper la cloche avec un bœuf bourguignon à 1h30 du mat.
Ici, ce sont les classiques de la cuisine française qui sont travaillés avec exigence et précision autour de produits soigneusement sélectionnés. On ne réinvente rien.
Axel ne transige pas. Et là où d’autres finissent par rogner sur l’huile d’olive, la crème ou le beurre, le chef affirme sa démarche : ses assiettes ne friment pas, elles causent au ventre.
Dès 13h, on le retrouve dans sa cuisine de poche qu’il a construite de toutes pièces comme son bar, toutes casseroles sorties, composant une entrée, un plat et un dessert. Une proposition unique postée en fin de journée sur Instagram.
Ce soir, l’entrée ensoleillée de tomates, burata et pistou de fêta et noix me ravit par sa fraîcheur. J’arrose mon magret de canard d’une bigarade à l’orange. Le volatile extra tendre est servi avec une ratatouille fraîche et ses pommes de terre rissolées.
Pour finir le repas, un gâteau au chocolat gourmand relevé d’un soupçon d’Armagnac et paré d’une chantilly maison à la fève de Tonka.
J’accompagne mon repas d’un Bordeaux certes tannique mais tout en finesse. Axel me fait l’éloge d’un Viognier du Bugey vraiment pas mal, qu’il a déniché cet été avec sa compagne Clémentine. Le couple a parcouru les vignobles à la recherche de belles quilles qui trouvent leur place en cave au sous-sol.
Axel Marciniak aux manettes de Pouët Pouët
Chacun nappe son magret de canard d'une sauce bigarade légèrement sucrée. Un caramel déglacé au vinaigre auquel est ajouté du jus d’orange.
Cette entrée ensoleillée arrive à point nommé en cet fin d'été encore chaude. Tomates anciennes, burrata, pesto, noix et doux pikles.
Côté douceur, Axel propose des classiques de brasserie comme ce fondant au chocolat, accompagné d'une chantilly à la fêve de tonka.
D'habilleur à chef cuisinier
Arrivé à 17 ans à Paris pour faire une école de couture, ce Chti entre ensuite comme habilleur dans un grand cabaret parisien voisin. “Pendant 20 ans, j’ai pris soin des artistes pour qu’ils se sentent au mieux et donnent le meilleur sur scène”. Un fil conducteur qui le guide dans sa nouvelle activité. Axel, bon vivant, apprécie faire plaisir à sa table autour de recettes piochées dans le grand livre de la cuisine française.
CAP de cuisine en poche, il enchaîne les expériences, un passage au Grand Véfour, des stages chez des étoilés, avant d’ouvrir sa table dans le bas-Montmartre, un quartier qu’il apprécie. Il y a ses habitudes.
On guettera les premiers frimas pour se délecter d’une blanquette de veau et autres pots au feu mijotés.
Frédérique Chapuis
Installé rue Victor Massé, à deux pas de l'ancien café du Chat noir, Pouët Pouët propose une ambiance Art déco, aux tonalités noires et dorées.
Chaque soir, une proposition unique postée sur Instagram en fin de journée avec un principe : mercredi : bœuf, jeudi, canard, vendredi, veau, et cochon le week-end.
Pouët Pouët, 19 rue Victor Massé, Paris 9.
Ouvert de 18h à 2h du matin, du mercredi au dimanche.
Contre-terrasse. Une deuxième salle en sous-sol.
Tarif : 10€ l’entrée, 25€ le plat, 10€ le dessert.
