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Codex Urbanus, street artiste montmartrois, a installé son étrange bestiaire, exhumé d’un vieux grimoire médiéval, au sein du musée du Parfum Fragonard. Ainsi, l’extraordinaire et le facétieux s’invitent dans le monde feutré et luxueux de la parfumerie.

Vitrine du musée avec un éventail vert signé Codex Urbanus

Codex Urbanus infiltre les vitrines du musée avec ses créatures fantastiques

Pour le visiteur, c’est une belle occasion de (re)découvrir les collections du musée, tout en se laissant conduire par quelques petits monstres espiègles, chimères issues des pérégrinations sauvages et nocturnes de l’artiste.

L’endroit, dont les fenêtres ouvrent sur le Palais Garnier, offre une plongée inspirante au cœur de l’histoire du parfum.
La première partie propose un bel aperçu du processus de fabrication, des matières premières au flaconnage, avec un focus sur l’importance du métier de nez lors de la phase de création.

Mais le clou de la visite réside dans la riche collection de flacons anciens, présentée en vitrine. Pots à khôl mésopotamiens, brûle-parfum Louis XIV, boite à senteurs, nécessaire de voyage ou encore flacons à sel ou de parfums, autant d’objets d’art d’une rare finesse, tous issus de la collection de Jean-François Costa, grand amateur d’art et père des actuelles dirigeantes. Car, derrière ce parcours, planent les fragrances de la maison Fragonard, fondée en 1926 à Grasse et encore aux mains des petites-filles du créateur.

Formées par leur père et tout aussi passionnées, Agnès et Françoise perpétuent son travail et continuent à enrichir très régulièrement les collections du musée par de nouvelles acquisitions.

Portrait de Codex Urbanus présentant une comtesse éléphante sentant une fleur
Une vitrine du musée intégrant une lettre de Codex Urbanus
D'anciens outils utilisés pour la distillation des parfums

Mais revenons à Codex Urbanus qui s’empare et détourne les codes de l’univers du parfum, s’attaque à l’étiquette de “Belle de Nuit”, senteur mythique du parfumeur ; dissémine, ici et là, quelques bombes aérosols entièrement repeintes, glisse le portait d’une comtesse éléphant entre deux tableaux anciens, tout en rappelant le caractère éphémère du parfum comme celui de la pratique du street art.

L’artiste semble apprécier les télescopages de périodes et de lieux.

Invité du musée Gustave Moreau en 2016, partageant avec le peintre un goût pour le songe, le fantastique et le symbolisme, il infiltre les salles de ses créatures et crée tout à coup un léger décalage, une note disruptive ensauvagée dans nos vies urbaines bien réglées. D’ailleurs, en ce moment, il colle des panneaux de “désorientation” dans les rues de Paris. Quelle direction suivre ?

Codex Urbanus est l’auteur d’un essai “Pourquoi l’art est dans la rue ? ” paru en 2018 chez Critères Editions.

Frédérique Chapuis.

Bombe de graffeur signée Codex Urbanus et installé dans une vitrine du musée.

Une bombe de graffeur, l'outil du street artiste.

Musée du Parfum Fragonard, 9 rue Scribe, Paris 9.
Visite audio accessible par QR Code.
Horaires d’ouverture : tous les jours de 9h à 17h30, entrée gratuite sans réservation.